mardi 2 août 2011

Evasions


Il faut environ six heures et demie pour faire le trajet de 485 km qui sépare Rabat de Télouet. Mais quelle joie à l’arrivée. Pour venir depuis Casablanca, vous aurez besoin de cinq heures et demie et depuis Marrakech d’à peu près trois heures.
Généralement, on exagère la difficulté de la montée vers le Tizi n’Tichka; bien sûr, c’est la montagne et il faut conduire prudemment (comme partout ailleurs du reste) mais la RN9 est large et bien balisée. En fait c’est le tronçon allant de l’embranchement de cette dernière avec la RP1506 à Télouet (et même au-delà jusqu’à Anmiter) qui est assez dégradé. On attend le renforcement de ce segment pour 2012.
Les paysages sont très variés et changent de couleurs  au fil des saisons. La neige à la fin de l’hiver et au printemps vous accompagne et illumine le ciel d’une bleue et limpide pureté.
Notre pays est beau.



La végétation est riche en forêts et en arbustes. Les chênes verts alternent avec les résineux, les peupliers, les genévriers, les frênes et les saules. Les vergers sont pleins d’amandiers, de figuiers, de pommiers, de noyers et de vignes. Les champs sont utilisés pour la culture de l’orge, du blé et du maïs. Les troupeaux de petites chèvres locales et de moutons à la laine fournie traversent les pâturages et grimpent à flanc de coteau. Fin mars : les cerisiers ont leurs feuilles mais pas encore de fleurs; leurs fruits viennent en mai. Les amandiers ont déjà eu leurs fleurs maintenant décrépies ; les amandes seront récoltées en août. Les noyers et les figuiers n’ont pas encore de feuilles ; ils seront récoltés en septembre. En mai, blé et orge sont encore verts de différentes nuances. Partout, vous rencontrerez l’"afgour" ce mignon petit écureuil. En juillet, les ruches sont placées ici et là. Mais le miel "horr" produit par des abeilles sauvages est récolté fin août-début septembre, quand les épis de maïs font leur "chalacht".

Depuis la plaine de Mesfioua, les constructions en brique de terre et en pisé, malheureusement de plus en plus concurrencées (de façon déloyale) par le ciment, font corps avec leurs milieux. Plus haut, la pierre est utilisée davantage, avec autant de bonheur.
En chemin, les altitudes s’élèvent progressivement (Marrakech : 453m, Taddert : 1.650m, Tizi n’Tichka : 2.260m) pour redescendre à environ 1.736m à Télouet.

Arrivés sur place, on est saisi par la gentillesse des gens et par leur discrétion. Les balades sont sublimes. On ira sur les bords de l’oued Ounila où l’on verra de beaux tapis sécher au soleil, et en contrebas, un groupe de joyeuses lavandières. Le courant fournira un accompagnement sonore. On pourra aller à Tighza et si l’on a de bonnes jambes, monter jusqu’au lac de Tamda (3 heures d’ascension).
Les noms des lieux-dits (Tamerghenist, Ouzlim, Ighil Noubiane, Imezwaren, Ihi n’Daken, Talattan etc.) contribuent à votre dépaysement (ou à votre ressourcement).

Plusieurs maisons d’hôtes bien tenues et confortables vous attendent. Les tarifs en pension complète sont très abordables. Les petits déjeuners sont copieux et la nourriture variée ; Essayez le chevreau (cuisiné pendant les seuls mois d’été) ; en tajine à l’oignon et à la tomate : un délice.

Abderrahman El Glaoui